La Maison du Zen Shiatsu 禅指圧

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Mammo or not Mammo ? Ou pourquoi les hommes ne mettront jamais leurs testicules entre les deux plaques radiologiques.

Normalement, je voulais publier cet article au mois d’Octobre.

Deux événements m’ont obligé de le publier maintenant.

Une cliente qui est venue dans mon cabinet après avoir subi la mammographie la veille d’après les suggestions bienveillantes de son mari

 

et l’article paru dans le magasine « ELLE » de ce mois de février intitulé : Cancer du sein, le dépistage en question, Si le dépistage du cancer était un médicament, il sera retiré du marché. » Vous le trouverez facilement sur internet, cherchez !

Dans son livre « No Mammo, », édition Max Milo, Rachel Campergue nous présente en trois volets une pratique tombée en désuétude : celle de penser par soi-même.

Le livre permet dans une première partie de se rendre compte de ce qui nous attend en France en analysant la situation américaine : des campagnes de sensibilisation pour la mammographie organisées avec des fonds provenant de compagnies soit intéressées dans la vente de mammographes ou de tamoxifène, soit polluant l’environnement avec des pesticides ou des modificateurs hormonaux pouvant entraîner des cancers du sein, soit ne s’intéressant qu’à l’augmentation de leur chiffre d’affaires.

Des campagnes de sensibilisation ignorant la différence entre prévention et dépistage.

Des campagnes de sensibilisation ne parlant jamais des méfaits du dépistage (surdiagnostics).

Des campagnes de sensibilisation affirmant que la mammographie sauve à coup sûr.

Des campagnes de sensibilisation ne parlant que de la diminution du risque relatif et jamais de celle du risque absolu.

Des campagnes de sensibilisation qui récoltent des fonds non pour la recherche mais pour acheter des mammographes qui permettront de faire passer plus de mammographies.

Après une visite ordinaire chez son gynécologue qui lui impose la mammographie (pour son bien), elle mène sa propre enquête.

Ce qu’elle découvre est effarant.

Dans la première partie de son livre, Rachel Campergue nous délivre les coulisses du « marketing rose », les dérives infantilisantes des pouvoirs publiques, (j’ai d’ailleurs bien aimé le passage sur l’idée de distribuer aux hommes les petits camions bleus pour se faire dépister le cancer des testicules), ainsi que la confusion volontairement semée par les pouvoirs publiques et le jeu sémantique entre le mot prévention et dépistage (le dépistage ne prévient pas le cancer) sur les brochures informatives, fiches roses et invitations diverses et variées de la part de nos conseillers généreux et le sentiment culpabilisant qu’elles évoquent.

 « De nos jours, il est considéré comme tout à fait normal de se soumettre à des examens préconisés par le gouvernement à la recherche de maladies pour lesquelles vous ne présentez aucun symptôme, et si vous dites :  »merci, mais non merci  », vous risquez fort d’être catalogué d’irresponsable et d’ingrat. » Gillian Tindall (behind the screens », The Times magazine, 8 octobre 1994

Dans la deuxième partie de son livre, elle nous présente les paroles des experts indépendants, ceux qui osent dire ce que les chiffres montrent véritablement, la différence entre ce qu’ils savent et ce qui est dit au grand public.

Le sérieux avec lequel sont présentés « les arguments » censés venir à bout de nos réticences nous paraitra alors tout à fait ridicule et pour le moins déplacé.

L’utilisation des rayons X en médecine, l’histoire d’une technologie présentée comme un long cheminement linéaire vers la perfection avec un objectif de nous débarrasser de l’illusion qui consiste à croire que nous en avons fini avec l’utilisation inconsidérée des technologies qui se sont révélées après coup nocives.

Et enfin en troisième partie, l’information présentée aux femmes, le paternalisme dans la relation médecin-patiente, le consentement éclairé, dont on parle beaucoup, mais que l’on  pratique peu et la myopie de l’évidence.

D’autres réponses sur la mammographie,  sérieusement argumentées aux questions suivantes :

  • Pourquoi une telle volonté des responsables de santé publiques, des médecins, des associations et des laboratoires faire la propagande pour le dépistage du cancer du sein.
  • Les réels bénéfices des mammographies

« Dans le domaine de la santé, tant que vous ne savez pas où va l’argent, vous n’êtes pas en mesure de comprendre ce qui passe» Barbara Brener, Présidente du Breast Cancer Action

  • Comment se passe la fameuse lecture des clichés numériques
  • Que est-ce que c’est le sein « standard » et pourquoi ça n’existe pas (j’espère que vous vous en doutez)
  • Comment on infantilise les femmes et pourquoi les hommes ne mettront jamais leurs testicules entre les deux plaques radiologiques pour se faire dépister du cancer de testicules
  • Pourquoi un cancer détecté par mammographie n’équivaut pas à une vie sauvée
  • Comment les médecins  CAPISTEs, qui nous veulent du bien, ne peuvent pas être objectifs car ils touchent les primes payés par la CPAM
  • Pourquoi nous croyons que le dépistage du cancer de sein par mammographie est gratuit
  • Qui est derrière le fameux « Octobre Rose » (AstraZeneca dont une branche développe  et vend des pesticides cancérigènes et une autre branche pharmaceutique qui vendent les médicaments  contre le cancer du sein)
  • Pourquoi la majorité des femmes n’a aucune idée des inconvénients et des risques d’une mammographie répétée

Rachel Campergue déshabille l’empereur.

Elle a opté pour la dérision parce qu’elle se relève comme une étape indispensable à un questionnement au sujet de l’efficacité des politiques de santé publique, elle traduit une certaine forme de lucidité, elle nous décomplexe vis-à-vis des experts, elle est libératrice, revigorante.

En collaboration avec Bernard Junot, médecin de santé publique, enseignant chercheur à l’Ecole des hautes Etudes en santé publique à Rennes, Dominique Gros, médecin radiologue, auteur « J’ai les réponses ! Qui a des questions ? » Réflexions sur la culture du dépistage, mai 2008

Enfin,  je vous transmets un extrait d’un médecin généraliste indépendant, dont je n’ai pas pu découvrir le nom, (je me demande pourquoi) qui a écrit ceci sur son blog : (http://docteurdu16.blogspot.com/) :

« Le sentiment que j’ai ressenti lors de la lecture du livre de Rachel Campergue fut la honte. La honte que ce soit un non médecin qui ait pu écrire un livre pareil avec autant de pertinence, de légèreté et sans presque la moindre acrimonie. Puis je me suis dit que c’était la fraîcheur intellectuelle de cette femme, que je n’ai jamais vue (mais que l’on peut voir sur Facebook) ni entendue, qui a permis l’écriture de ce livre informé et pertinent qui s’adresse tout autant aux médecins qu’au grand public.

Je crains pourtant que ce ne soit le grand public qui profite le plus de sa lecture dans la mesure où l’irrationnel qui sous tend les préjugés du corps médical à l’égard de la prévention et du dépistage est ancré dans les esprits de mes confrères…

Encore une fois, et mon post précédent avait évoqué la chose, je suis abasourdie par l’absence de discussions argumentées dans la médico-sphère française alors que le débat est aussi développé ailleurs. Seuls des francs-tireurs tentent de faire entendre leurs voix, des Bernard Junod, des Marc Girard, des Alain Braillon, des Dominique Dupagne, mais ils sont tous hors-jeu de l’université ou de l’expertise spécialisée. La chape de plomb du lobby politico-administrativo-académico-industriel étouffe toute parole dissidente. Notre pays est cadenassé et souffre à l’évidence, en ce domaine, d’un manque cruel de démocratie. La Revue Prescrire a publié un dossier en 2007 (Rev Prescrire 2007;27(288):758-62) qui n’était pas tendre pour le dépistage organisé, voire même totalement opposé, mais son impact a été faible dans le débat public. »

Je vous remercie pour vos commentaires, vos expériences, cela peut aider à beaucoup des femmes qui ne sont pas informées. Je vous conseille vivement d’acquérir ce bouqin pour ne pas vous dire que vous ne saviez pas.

En effet comme dit Alfred Sauvy :

« Bien informés, les hommes deviennent citoyens, mal informés, ils deviennent des sujets »

 

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