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Le mythe du médecin chinois

Vous connaissez cette histoire.

Dans la Chine ancienne, le médecin était payé quand les gens étaient en bonne santé…
et il perdait sa réputation quand ils tombaient malades.

On me la ressort régulièrement au cabinet.

Avec souvent, derrière, deux visions très tranchées.

Deux visions qui s’opposent

D’un côté, ceux qui idéalisent.

Ils pensent que notre système devrait s’en inspirer.
Plus de prévention, moins de réparation.
Une médecine qui maintient en santé plutôt que d’attendre la maladie.

De l’autre, les sceptiques.

Ils répondent que même en Chine aujourd’hui, la population se soigne avec la médecine allopathique.
Et que les pratiques traditionnelles sont surtout réservées aux zones rurales… ou aux plus pauvres.

Certains ajoutent même que demander à un médecin d’être responsable de la santé de ses patients serait une pression énorme.

Un paradoxe qui dérange

Il y a pourtant quelque chose de troublant.

Aujourd’hui, plus un médecin a de patients malades… plus il est reconnu.

Moins il en a… moins il est considéré.

Je caricature.
Mais pas tant que ça.

La grande confusion autour de la médecine chinoise

En France, la médecine chinoise est devenue… de l’acupuncture.

Rien d’autre.

C’est réducteur. Et surtout, c’est faux.

L’acupuncture est aujourd’hui intégrée dans un cadre médical occidental.
Elle est enseignée en faculté.
Pratiquée selon une logique biomédicale.

Et forcément… utilisée comme un outil de plus pour traiter un symptôme.

Deux visions du corps humain

En France, la médecine chinoise est devenue… de l’acupuncture.

Rien d’autre.

C’est réducteur. Et surtout, c’est faux.

L’acupuncture est aujourd’hui intégrée dans un cadre médical occidental.
Elle est enseignée en faculté.
Pratiquée selon une logique biomédicale.

Et forcément… utilisée comme un outil de plus pour traiter un symptôme.

Deux visions du corps humain

Un médecin formé en médecine conventionnelle observe :

  • des organes
  • des systèmes
  • des dysfonctionnements

Il cherche un symptôme, pose un diagnostic, et applique un traitement.

C’est une logique de réparation.

Et même lorsqu’il pratique l’acupuncture…
il l’utilise avec cette même grille de lecture.

Il ne peut pas faire autrement.

Une rencontre qui m'as marqué

Un jour, j’ai reçu un médecin généraliste.

Il voulait se reconvertir dans l’acupuncture.

Son raisonnement était simple :
bonne image, crédibilité, positionnement porteur.

Pourquoi pas.

Mais lui-même était épuisé.

Stress intense.
Douleurs chroniques.
Burn-out.

Je lui ai posé une question simple :

Comment pouvez-vous accompagner quelqu’un vers la santé si vous êtes vous-même vidé ?

Sa réponse m’a marquée :

“Je me suis planté des aiguilles partout… rien n’y fait.”

Ce que la médecine chinoise n’est pas

Ce qui m’a frappée, ce n’est pas son état.

C’est sa compréhension.

Dans la tradition, l’acupuncture n’est pas le cœur de la médecine chinoise.

C’est un outil parmi d’autres.
Et pas le premier enseigné.

Ce qui faisait un vrai médecin

Dans la Chine ancienne, un médecin :

  • regardait
  • écoutait 
  • touchait 
  • sentait, oui les odeurs

Dit comme ça, ça paraît abstrait.

Mais c’est fondamental.

Le cœur de la pratique, c’était le ressenti.

Le toucher, oublié aujourd’hui

Avant les aiguilles, il y avait le toucher.

Un toucher entraîné.
Précis.
Présent.

Quand un médecin prenait le pouls, il ne comptait pas les battements.

Il ressentait :

  • la qualité de l’énergie
  • sa circulation
  • ses blocages

Il percevait la vie dans le corps.

Une approche globale, exigeante

La médecine chinoise ne se limitait jamais à un acte.

C’était un engagement.

Le patient ne venait pas “se faire traiter”.

Il s’engageait à changer :

  • son alimentation
  • sa respiration
  • son mouvement
  • son mode de vie
  • sa manière de penser

Le médecin, lui, s’engageait à accompagner profondément.

Prendre le temps.
Observer.
Comprendre.
Guider.

Une responsabilité partagée

Sans cet engagement mutuel, il n’y avait pas de prise en charge.

Le médecin n’était pas responsable à la place du patient.

Il était responsable avec lui.

Ce que personne ne veut vraiment entendre

Aujourd’hui, tout le monde veut aller mieux.

Mais peu sont prêts à changer.

On préfère :

  • une pilule à une discipline
  • un traitement à une remise en question
  • une solution rapide à une transformation réelle

C’est humain.

Mais ça a un prix.

Ma réponse aux deux camps

À ceux qui idéalisent la médecine chinoise :

Êtes-vous prêts à reprendre réellement votre santé en main ?
À développer votre autonomie ?
À sortir du confort des solutions faciles ?

Ou attendez-vous simplement qu’un praticien fasse le travail à votre place ?

À ceux qui la dénigrent :

Oui, la Chine moderne a changé.
Oui, elle utilise la médecine allopathique.

Mais nous savons tous pourquoi.

Les raccourcis attirent.
La facilité séduit.

Et pourtant…
la facture finit toujours par arriver.

La vraie question

Au fond, tout le monde veut la même chose :

  • ne pas souffrir
  • guérir vite
  • retrouver de l’énergie

Mais il y a deux chemins.

Celui de la dépendance.
Et celui de l’autonomie.

Et vous ?

Qu’attendez-vous vraiment d’un thérapeute ?

Qu’il vous soulage…
ou qu’il vous transforme ?

Une réflexion au sujet de « Le mythe du médecin chinois »

  1. Personnellement, je ne fais quasiment jamais appel à un thérapeute (ok, un médecin pour signer mes certificats d’aptitudes pour le sport…).

    Mais comme je le disais dans un autre commentaire, ce qui est regrettable c’est bien le fait que la médecine chinoise a tendance a être transformée et a ressembler à la médecine occidentale. Je vois des praticiens de médecine chinoise poser un diagnostique sur des forums et trouve ça un peu douteux (en me basant sur mes maigres connaissances de médecine chinoise).

    Sinon, la médecine chinoise a encore de beaux jours en Chine, même si elle n’a plus l’exclusivité.

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